Orage


On tend l'oreille...
Quelque chose emplit le val
une force qui lie terre et ciel.

La nuée s'abaisse, devient sale,
les sapins sont plus noirs...
La pluie soudain, harpe cinglante
piétine sauge, rhubarbe
et le soir
comme un train sur le pont de fer.

Les lézardes dégueulent et
l'eau emporte le sable.
L'inconnu ou le souvenir
ébranle nos regards,
le toit souffre.
Sous la pluie fumante les tuiles
abritent nos pensées, nos coeurs.

Et mon corps patient
infiniment s'entête à calmer
le vacarme.
Quand le ciel reprend haleine
dans les brisures de nuages,
que s'en vient la douceur des brumes
dans l'arche sous le déluge,
on voudrait la nuit lente

Puis on sourit, presqu' à l'abri
moi et mon enfant.




Ecrit par Joelkerdraon
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