La liqueur de chêne

Ce jourd’huy je vous parlerai d’un us
Venu à nous des âges farouches
Que de mères en filles elles sucent ;
Nectar délicat offrant corps en bouche
Qui ne saurait femelles
Aux lourdes mamelles
Laisser de marbre.
Il est au terroir de Bourgogne un arbre
Qu’une caresse à sa base
Suffit pour qu’il s’embrase !
Il ne faut point s’y tromper,
C’est tout un art que de pomper
Ces fûts jusqu’à la garde.
Des druides aux bardes
Ces prud’femmes se délectent ;
Leurs fruits humectent,
Polissonnes de leur salive
De leur langue titillent
Ces simples brindilles
s’enhardissant en solides solives.
Qu’importe qu’en ces étreintes
Leurs reins elles éreintent
La récolte sera bonne
Les gorges siphonnent
Rouvres et chênes-liège
Jouissant en gaulois piège.
De patience en tendresse
Elles n’épargnent pas leur peine
Les joviales bougresses
Pour une lichette de liqueur de chêne
Les glands
Aux bouts des dents
Sans hâte
Elles tâtent
Sans scrupule
Elles copulent
Jusqu’à sentir l’élixir
Emmieller leurs doigts
Comme acte de foi.



Demain dans la série Eaux de Vie <br />
Je vous conterai le sirop d’orgie.


Ecrit par Ann
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