Je m’étais enivré d’espace et de ciel bleu...

Je m’étais enivré d’espace et de ciel bleu ;
Tout ébloui, j’avais sur l’infini des ondes
Fatigué mon esprit de courses vagabondes :
Il me manquait encor la déesse du lieu.

Elle m’est apparue un jour, et j’ai fait vœu
D’aller chercher coraux et perles, tout au monde,
Pour embellir encor sa belle tête blonde —
Parce qu’il m’a semblé la voir sourire un peu.

Dans mes nuits sans sommeil je ne vois plus rien qu’elle,
Telle qu’elle a passé devant mes yeux, si belle
Avec ses grands cheveux royalement tordus ;

Blanche comme l’écume éclatante des vagues,
Et fixant sur mes yeux ses yeux charmants et vagues
Qui reflètent la mer et le ciel confondus.


In
Les poèmes de l'amour et de la mer

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Ecrit par Maurice BOUCHOR
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