La corde d’abandance

De déboires en trop boire
Il avait fini par abandonner
Son cou à la corde de chanvre
Le nœud coula sans effort.
Le gars rendit dans le fatal sombresaut*
Ses hommages à Aphrodite
Et son âme à Dieu ce père à lui inconnu

Le pendu déjà n'était plus bien frais
Sa langue violacée et gonflée
Bavait goutte à goutte
Sa hargne au menton
Et les yeux exorbités pissaient
Le suc des premières pourritures

La belle attirée sans raison
Dans la grange au foin
Affligée du spectacle
Trancha la corde.
Le cadavre en décomposé
Glissa, allez savoir comment
Entre les cuisses girondes.

Le mort ne le fut plus tout à fait
Ses sens en réveil
La langue désaltérée à plus soif
A la fontaine de la Femme
A lui seul ouverte.

Les amants s’ensauvèrent
Vie ou mort qu’importe
L’un à l’autre liés
Ne laissant derrière eux
Qu’une corde passion
Foutrement trempée.




*sombresaut dont on ne revient guère quoique dans mon histoire….<br />


Ecrit par Ann
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