Contemplation

Ô temps ne suspend pas ton vol
Laisse-moi voir encore ce mouvement du cou quand elle rit
D'entre mes doigts glisser l'eau de ses cheveux
Et que sa beauté à elle-même dissemblable ne devienne le rêve du statuaire
Cette chair mortelle qui n'en finit plus de mourir
Ce mouvement insaisissable qui se prête et échappe à la prise des mains
Cette fuite répétée où commence la danse de l'inacquis et de l'offrande
Je répète toujours ce que je ne parviens à dire
Je recommence le geste que je ne parviens à saisir
Fuite du saisissement dans la danse pelliculaire
Détestable instant qui détruit le présent
J'aime en toi ce dessin à venir à peine entamé
dans lequel s'affirme la virtualité de l'être
Inachèvement par mes yeux prolongé en divination
Je guette en toi ce qui commence ce qui t'entame
L'instant que je te devine à partir duquel la durée se pressent
Tu as l'idéale beauté de la géométrie
J'use pour te nommer d'un langage approximatif irrémédiablement
Le plaisir pris à ton frôlement dans cette condamnation se perpétue
Ah Ta main qui me touche et nie la fiction de ma mémoire
Ces châteaux ces prisons construits pour préserver ce sentir de toi qui n'est plus
Comme tu les détruis d'un baiser sauveur
Cette douleur d'être toujours en retard sur ton pas
De ne pas fusionner un unique présent
Le silence de ton pas enfante mes songes
Comme je loue ce souffrir qui nous différencie et brise le miroir de ma faiblesse
Je suis pauvre à créer les mots qui te ressemblent
Découpages de pensers
Écrire est un travail de boucher.




Ecrit par Jim
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