J'ai vu des arbres

J’ai vu des arbres dont les mains
Tendaient leurs doigts tout décharnés,
Rêvant d’éclatants lendemains
Et d’îles d’or ensoleillées.

Le fleuve roulait ses eaux sombres
Indifférent à leurs prières…
…Dégoulinait dans la pénombre
Le sel ambré de leurs paupières.

Leur sève enflait le fil de l’eau
Que charriaient l’onde et la houle ;
La bise affolait tant leur peau,
Qu’ils en avaient la chair de poule.

Et pour pouvoir se réchauffer,
Entremêlant leurs doigts livides,
Se confondaient dans la mêlée
En un corps à corps arbricide.

J’aurais pu les revigorer,
Pour leur donner un peu d’ardeur !
Pourtant, je n’ai fait que passer
Sans un élan et sans chaleur :

Emmitouflée dans ma pelisse,
Assise au chaud au fond d’un van,
J’ai frissonné… Puis, sans malice,
Fermé les yeux, m’assoupissant.

© Tous droits réservés (01.02.2014 – 21 h 23)




Ecrit par Antigone
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