Femme lève-toi!

Femme lève toi !

Viens, ouvre grand ta fenêtre sur le monde
Il nous attend, je le sens venir à notre rencontre !

Le soleil est entré à flot, dès l’aurore, il nous voulait debout et fraiches !
Tes cheveux sont nimbés de ses ors, ta peau semble de nacre
Tes yeux, bleus comme le ciel pur qui te regarde

Viens, ma sœur, la liberté nous appelle !
Courons dans les rues, chantons nos chants d’amour
Appelons nos sœurs et nos mères à se joindre à nous !

Regarde comme tu es belle !
Tu as oublié, déjà, le fardeau de l’humble jour
Tu resplendis, Eve de toujours, mère de l’humanité !

D’autres avant nous se sont levées
Elles ont parlé, chanté, crié parfois
Elles portaient notre drapeau !

Notre étendard, ma sœur, tes cheveux en sont la trame !
Tu le portes fièrement, et si doucement à la fois !
Etendard de soie, où murmure le vent, où s’emprisonne la lumière

Ma sœur, viens, suis moi, il est temps de partir !
Ne vois tu pas qui nous attend ?

Je l’ai vu, moi, hier par la porte entr’ouverte
Un troupeau de chevaux sauvages
Qui déferlait sur la plage comme une mer
Il avait les couleurs du feu, il appelait du fond des âges

Au fond de ses prunelles rugissait la tempête
Mais sa bouche fragile posée sur mon épaule
Disait la douceur et l’étrange saveur des larmes

Nos larmes, ma sœur, comme un vol de colombes
Ont effacé, des prémices du jour à la nuit la plus noire
La douleur de ceux que nous chérissons

Elles ont lavé le trouble, et la peur
Elles ont transfiguré l’ombre pâle de la souffrance
Elles ont emporté avec elles les vents glacés de l’hiver

Viens, lève toi, mets ta robe blanche
Allons frapper aux portes de nos sœurs
Allons leur dire de courir avec nous par les rues

Formons un fleuve, de mains enlacées,
De roses blanches portées par nos chants
D’oriflammes dorées, levées très haut vers le ciel

Faisons de ce jour l’aube de la joie
Un berceau immaculé pour l’espérance
Et de nos bras, un réceptacle tendre et doux
Pour les mots blessés, les paroles tranchées
Depuis trop longtemps
Dans les gorges innocentes




Poème écrit pour la journée de la Femme, le 8 Mars 2010

Ecrit par Bea
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