Le chant de la sirène

Le visage crispé, je glisse sur la vague
Le vent se fracasse contre les rides d’eau
Avançant ma tête à travers ces faux rideaux,
Une autre musique remplace l’harmonie
J’entends son souffle telle une cacophonie
S’en approcher fait voir la force qui divague

On se croit souverain sur ce vaste océan
Mais tellement désarmé devant le néant

Ces rideaux graciles ne sont qu’une illusion
De rythmes qui m’envoient le soir bouleverser
Une mer déchaînée respirant le silence
Autant de contrastes ne sont que confusions
Qu’il faut assimiler pour bien la traverser
Derrière chaque flot, se déguise le risque
Il fera tout perdre dans ma persévérance
Au loin, je scrute pour ne voir qu’une odalisque

À cette parure, s’ajoute un voilier
Sublime blancheur et grande fascination
Conserver le cap jusqu’à ma destination
Ne pas le fixer par crainte d’être piégé

Sur mon pont détrempé, mes deux jambes s’enivrent
Une valse dont la longue chorégraphie
Met en évidence mon manque de maîtrise
Et voilà la planche où mon souffle se délivre
Sa longueur m’instruit d’un signe qui me méprise
Que des craquements et plus aucune empathie

J’ai les bras ligotés d’une grande frayeur
Ce piédestal fait voir le rocher où tu dors
On me jette à l’eau avec une épée d’or
Il n’en faut pas plus pour que jaillisse ma peur

Une immensité de risques me paralyse
M’oublieras-tu quand je plongerai vers tes yeux ?
Je veux éviter que ma bonté ne s’enlise
Désarroi devant cet océan coléreux

C’est ardu de laisser une partie de soi
Un véritable amour est inconditionnel
S’abandonner pour mieux grandir et rejaillir
Laissons la plage à ceux qui sauront s’accomplir
Tends-moi la main pour que je devienne éternel
Ouvre-moi le cœur à ton chant tissé de soie


Personnage imaginaire qui me fascina durant mon enfance.

Ecrit par Lolo
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net