L'au-revoir

Elle prit dans sa main la petite main blanche,
Si fragile et légère à l’aube du départ,
Pour mieux la retenir où l’espoir se retranche
Dans l’incongru toujours qui devient seul rempart.

Comme un oiseau blessé qui se sent pris au piège,
Elle était molle et tiède au baiser de l’hiver
Mais se donnait encore au creux du privilège
De tant de souvenirs, tel un livre entrouvert.

Longtemps elle effleura la peau fine et fripée
Des services rendus, du partage en labeur,
Mais désormais tremblante à la douleur crispée,
Enclavée à la sienne en quête de douceur.

Alors que voici peu elle y trouvait refuge,
Aujourd’hui sa tendresse au destin révolu
Est le dernier cadeau que le ciel lui adjuge
Avant de l’embrasser d’un silence absolu.

La peine se fait lourde en soumission amère
Dans un dernier soupir qui signe l’au-revoir,
Quand glissent quelques pleurs sur la main d’une mère
Et s’égoutte le cœur où l’amour va pleuvoir.




Ecrit par Myosotis
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