Eve

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Mon fardeau m'accordait une trève,
Mon esprit déconnecté faisait grève,
Tu es passée devant moi pleine de rêves
Devant la vitrine d'une boutique de fêves.

La joie fleurissait comme dans un rêve,
Une encre de rosée envahit ma sève,
La passion fondit telle écumes sur une grêve
Dans tes yeux bleus comme le lac de Genève.

A ce moment là dans nos coeurs
Un nouveau jour se lève,
Nos ennuis, nos galères et nos rancoeurs
S'évanouïrent sans laisser de relève.

La réalité cessa d'être ivre de morosité,
Je voyageais sur ta peau loin de me douter
Que dans tes filets j'allais habiter,
Tu m'as pêché, mâle frétillant excité.

L'instant d'après craquant sur tes lèvres,
J'étais devenu esclave d'un désir sans réserve,
Epris de fièvre, en exergue, comme un lièvre.
Ton calice pulpeux attendait que je me reserve.

C'est alors que sous mes yeux ta jupe se soulève,
L'émotion dépassa jusqu'à mes plus beaux rêves.
Offerte, tu t'ouvrais à moi en tenue d'Eve
Prête à être souillée de sacro-sainte sève.

Mais Damoclès brandissait son glaive,
C'était hélas la fin de la trève,
Dans le vrai monde hélas je me relève,
Bien loin de tes lacs de Genève.

Adieu Eve,
Toi qui m'aimais le temps d'un rêve,
De regrets enflammés s'emplit toute ma sève,
Au moins jusqu'au prochain de nos rêves.




Ecrit par Yonl
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