Kaléidoscope

Je m’en souviens C’était la veille de ta mort
Je revois ton iris piqué de gris et d’or
Enluminer le monde
Et graver dans ma chair ces souvenirs épars
Tu souriais alors qu’approchait mon départ
Seconde après seconde


Ce train m’emportait vers Novembre
Vers un Paris d’archipels blancs
Dont tous les toits recouverts d’ambre
Etalaient leurs airs insolents


Il me semble parfois que sur les boulevards
Autour des amoureux égayés et bavards
La neige se fait moire
Et sais-tu mon amour que j’en viens à douter
Des étreintes des mots des serments des baisers
Je meurs de ma mémoire


Ô TOI Ô MOI nos joies nos jeux
N’étaient-ils que des pantomimes
S’il n’y a pas d’amour heureux
Pourquoi dansons-nous sur l’abîme

Le présent s’est empli de mes vies antérieures
J’entrelace en moi-même aux choses extérieures
Nos songes rémanents
Et vois en chaque amant la même tragédie
Rejouée chaque jour comme une maladie
Un hiver immanent


Je sais la soif inassouvie
Des oubliés et des vaincus
Car j’ai ensemencé ma vie
De jours que je n’ai pas vécus


Mon or mon cher amour Les larmes ont séché
Mon esprit se consume à vouloir te chercher
Ô ma belle agonie
Tes sourires ta peau ta chaleur rends-les moi
Sois ma dernière danse avant le rideau Sois
Ma seule épiphanie




Ecrit par Effarouchee
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