Carnaval de la Vie



J’entends encor ton rire sous le pont des soupirs
Et j’ai gardé ton cœur au coin des souvenirs.
Las, le verre est fragile il git en mille morceaux
Mais un petit éclat s'est glissé sous ma peau.

La gondole à Venise c'était pour la photo,
Car depuis j'ai ramé et joué en solo.
L’ange du campanile saupoudrait plus tes mots
Que tu savais sculpter tel un Donatello.

Et derrière les masques, où était le Pierrot
Offrant à Colombine les rimes de Rimbaud ?
C’est dans ce carnaval au rythme endiablé,
Sur une barcarolle que ta main m’a lâchée.

« Dans Venise la rouge » les violons se sont tus
Et l’âme des poètes pleure aux amours perdus.
Le rideau est tombé sous le ciel d’Italie,
Mosaïque de sang aux couleurs de la nuit.

La photo a jauni, j'ai refait le voyage,
Sur la place Saint Marc les pigeons n’ont plus d’âge.
Ce soir j’ai mis mon loup, attendant le baiser
Qui fera de Psyché une amoureuse ailée.


* Venise la rouge , clin d'oeil à Musset




Ecrit par Pieds-enVERS
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