Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant...

par l'oculus il pleut des anges
l'oeil-de-boeuf en reste figé
bâille le vantail à la grange
et claquent claquent les volets

je cherche en vain une ouverture
pour en sortir ou pour entrer ?
mes doigts ne tâtent que des murs
mais plus rien d'autre à effleurer

jadis il était des fenêtres
lumière avant les jalousies
aux transparences indiscrètes
à qui pensait : pas vu, pas pris !

dans les yeux ouverts des façades
les soleils trouvaient des psychés
mais à l’ombre des barricades
les grands yeux se sont refermés

contre la porte au lourd battant
quand on caroubla les serrures
il fallut fuir avant longtemps
la geôle que gardaient ces murs

sortir, partir et disparaître
fuir ces lieux morts où tout s'enlise
où les jalousies des fenêtres
tuent la vie dans leurs brise-bise


par l'oculus il pleut des anges
que je ne sais plus voir voler
rien ne demeure dans la grange
et toujours claquent les volets




Ecrit par Tanit
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