Papa, merci

Mon père est sapeur.

Il démolit les tours de sel, les Babel
Qui grattent le ciel
De ma conscience.

Sa patte douce parmi mes cheveux bruns
S’immisce, déniche le péril... Et Caïn sauva Abel.
Il est à l’instant, où se retire le vent, où les pins,
De ma forêt sereine cessent leur exponentielle
Croissance. Il détruit l’armature des maux.
Il a ce geste pour moi comme un hameau ;
Il abrite mon enfance. L’affection… sa science.

Mon père est pompier.

Sommes dans moi. Les sorghos déversent
Leur rouille, le lit de cendres est vaste.
Les dégâts, les ruines...
Le foyer d’incendie ma tête renverse
Bouleverse, et dévaste
Et mon père va, héro, calmer les braises ;
Que tombe la bruine…

Mon père est sapeur-pompier.

Il éteint les flammes bleues, le gaz, la colère,
Mon cœur, ses cloques, apaise.
Il sait
Laisser le temps aux boursoufflures
Remplies de larmes consumées et solaires
D’éclater. Il ne dit rien. Il donne l’eau. Il fait.
Et l’enflure,

Guérit. Et l’air inhalé redevient souffle entier.

Mon père est un sapeur ; un pompier.





Ecrit par Pampelune
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