Le réveil


J'avais coutume chaque matin dès l'aurore
D'aller au lac quand les volets dorment encore
Assister au réveil des hôtes matinaux
Qu'annonçait en piaillant le ballet des étourneaux.

Dans cet écrin de verdure, d'eaux vertes fumantes
Mille odeurs diffusaient leurs fragrances savantes
Mille doux bruits se disputaient le chef d'orchestre
Rubans sonores, clairons des sentiers sylvestres.

Sur son manteau vitreux, le lac, bel écritoire
Dessinait de squelettiques fantômes noirs
Qui cherchaient leurs racines, âmes éphémères
Dans les profondeurs d'une ancienne tourbière.

Souvent je croisais les oies dans la rue Couteau
Criaillant, me reprochant d'être là trop tôt
Tenues d'écourter leur promenade pédestre
Elles hâtaient le pas de peur que je les séquestre.

Puis elles battaient l'eau et s'envolaient plus loin
Dans un effort pesant se posaient dans un coin
Attendant que l' intrus s'éloigne de la berge
Retournaient près du ponton sur la terre vierge.

A la belle saison je cueillais au passage
Tout en me piquant, de belles mûres sauvages
Et m'enivrait de fleurs, de leurs parfums primeurs
Rosée distillée des premiers rayons rieurs.

Et là, au bout du sentier, un grand carré vert
Abritait des chevaux parmi les primevères
Pâturant en concert une herbe fraîche et grasse
Au milieu des bêlements de chèvres voraces.

Ô quel bonheur j'avais de cheminer ainsi
Alertant tous mes sens, sans aucun raccourci
Je prenais tout mon temps et savourais ma chance
Cueillir la journée naissante en pleine insouciance.














Ecrit par Poaime 57
Tous droits réservés ©
Lespoetes.net