Devant l’étang




Je progressais au pied des Pyrénées,
Cherchant toujours une faille au réel,
Esprit, pour que, d’artificiel tu n’aies
Qu’une ample forme, et l’œil un peu cruel…

J’étais marchant, des heures sans écrire,
Dans le grand calme, un matin de l’hiver ;
Puis, subjugué par la voix de la lyre
Dont l’art s’impose au plus puissant délire,
J’avais tracé ce mot qu’on doit suivre : air -

Peu satisfait de l’unique phonème,
Regard amer aux montagnes posé,
Je haranguais, d’avec toute ma haine,
Tous les faux dieux qu’on ne prie et qu’on n’aime
Que dans la peur de n’avoir pas osé

La rébellion de notre âme profonde.

Dans le silence imposant qui suivit,
Dans la risée où se morcela l’onde,
J’ai - vrai - senti bouger la mappemonde,
Et depuis lors, un seul terme suffit !




Ecrit par Salus
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