Ophélie





La viride Ophélie s'éloigne à la dérive,

A peine balancée sur une onde ocellée.

Et de sa bouche ouverte à la lèvre gonflée

S'échappe une herbe verte, onduleuse. Chétive,



Elle oscille, tournoie, comiquement lascive,

Le ventre déjà creux, ou bien écartelée

Offrant impudemment la fleur campanulée

Où l'eau trouble a laissé des traces maladives.



Je ne puis détacher mon regard des prunelles

Fixes qu'ont dévorées déjà quelques aselles

Dans les fonds désolés où l'entraîne l'oubli.



Et parfois, je perçois le sombre accent d'un thrène

Qui s'élevant navrant dans le temps aboli,

Me dit que la folie d'Ophélie c'est la mienne.





Ecrit par Ninon RJ
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