Minuit au calligramme

Ruelle évoque le cinéma classique.

Les policiers des années 30, les impasses embrumées.

Il y a comme un langage aphasique

Dans les pas de ce Faust en imper’. Cette ombre fumée.

Maisons, closes ; dormante. Le repos, basique,



Ne dit rien qui vaille… Et les semelles claquent d’échos.

La fillette, inquiète jette un œil. L’interstice

De son volet mal fermé lui montre une silhouette ;

Elle cherche les monstres. Ses yeux glissent.

Ne voient que la hauteur vertigineuse du silence, clos.

Dedans son cri, muet, passe un hululement de chouette.



Ses parents ronflent, les habitants dorment. Elle entend.

La nuit porte un manteau. Elle sait. Elle a peur. Elle sent.

Le froid la pique. Trop tard pour s’endormir,

Trop tôt pour le réveil. L’heure est critique. Celle du songe.

Les chats sont encor’ gris. Les rêves, lourds de myrrhe,

Embaument la vie. Les corps allongés sont des éponges.



La ruelle déserte, noircie à l’encre du ciel,

Répond au vent des mots, s’engouffrant par les embrasures

Des bouches. L’enfant observe l’inconnu,

Toujours. Il met un temps fou à parcourir la distance ;



Quelques mètres, une éternité, l’essentiel.

Et voilà, c’est fait. Le passé imparfait est simple. Nu.

A présent, Le souffle peut redevenir calme. L’azur

Chasse un nuage, et ses lucioles dansent.



Plus bas, juste avant la ruelle, une main la dessine,

Sombre de vers luisants. C’est comme une piscine

De beauté, où l’écrit termine l’attrait.

La forme poétique est là, née d’un trait.









Ecrit par Pampelune
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