Coulée

Je me souviens des eaux du dernier jour comme d’une idée claire dans,

plus loin, les terres renversées et disant le seuil usé d’un monde <i>intrange</i>



Peut-être terres et eaux te disaient ce que tu es, ce que tu ne serais pas,

mais surtout te parlaient-elles, ou bien tu les écoutais



Je marche sur cette pierre, et cette pierre

<i>/Tu dis cette pierre et celle-ci encore, puis une autre.</i>

change de nom ; de tendre elle devient coupante.

<i>/Tu dis –« elle est dure, étroite, et tiède,</i>

Et change, encore

<i>/au passage »</i>



Tu me dis cette pierre et que cette pierre,

<i>/Je dis c’est le sol, comme le geai, le merle,</i>

c’est le sol, et tu y marches comme sur la confiance,

<i>/ou le goéland, c’est le chant des oiseaux.</i>

ou sur l’oubli. Les caches secrètes d’un passé

<i>/Je dis c’est le sol, ses fractures, l’usé de l’affouillement</i>





<i>Tu marches sur des labours, de socs et de groins,

d’anathèmes et de chercheurs d’or

Tu marches sur les aiguilles du vent, et celles de l’attente

Tu marches et du changes aussi de nom, comme on se sent vivant

dans le pli de l’âge sur l’usure du seuil - la pierre dure et étroite

sous les filets d’eaux higuières la peau grillée par le silence des pinèdes,

ou dans les grands éclats de rire sortant des plaies de la montagne - re-serre des flancs prêtés</i>



Dure et étroite, comme la douleur d’un genou



Il baisse les bras comme à l’automne on s’en remet aux branches

et le sol efface tout sous le feuillage d’un hiver à venir



Ecrit par Ariel
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