Vitrière ! Vitrière !

Pluvieux, plus vieux encore que toi et moi, semble le temps.

Je suis mélancolique. Menton scotché à la fenêtre à battants,

Je compte l’eau écrasée. Les yeux suivent les gouttes coulantes ;

Aujourd’hui choit

Vers le bas

Et fuit.



Elle est éplorée la pluie, telle l’amante malapprise

Ayant invité l’orage dedans son lit. Comprise

Seulement des nuages, elle ravale, souffle un’ respiration lente.



J’ai la vue imprenable sur le parking et ma voiture ;

Garée, orpheline et frigide sans la tienne à côté.

La grisaille brouille décidément tout ; paysages familiers, toiture

Du ciel… Aucune distinction ; morose. Le vert, le métal… crottés

Pareils. Vert-de-grise âme. Le trouble déforme, retient ; l’œil est

De sorcière. La vitre est large, mais j’y vois comm’ dans un judas.

Je hais.



Je te croyais acquis à force de t’avoir ; maintenant la gouttière

Pisse ton absence torrentielle. Même ton bermuda

Mauve acheté à la gare routière

Pendant nos dernières vacances m’accable.

Et cette rampe extérieure, cet escalier face à moi… regrettable…



Vitrière ! Vitrière !

Je suis vitrière !



Ecrit par Pampelune
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