Un plumeau balancé du ciel patibulaire

Elle, l'écolière

Qui a raté le train

Assise sur un banc du square

Face à la fontaine

Avec sa jupe retroussée

Son portable déplié

Sur ses longues jambes croisées

Son pack-sac à l'épaule...



Elle, le nez plongé

Dans sa cyber-compulsion

A tuer le temps

En attendant le train suivant...



Elle donc, un panache de rayons,

Plumeau balancé du ciel patibulaire,

Lui barbouille le menton

Lui fouette le front

Horripile ses narines

Lui en fait voir trente-six chandelles

Eventant tout le spectre

A ses mirettes

Projetant sur ses cils

Une nuée de prismes

Suspension de gouttelettes

Embruns de la fontaine voisine

Raptés dans le collimateur

D'un léger souffle de vent farceur...



Elle fronce les sourcils

A cette pirouette de l'embellie

Prend une mine courroucée

Puis soupire

Obture un court instant ses prunelles

Se sent légère, légère

Unie dans le flot

Les yeux plus amples, elle réouvre

Fond dans le bain bleu

Où la lumière danse...



Rejoint-elle ce pays

Où l'on n'arrive jamais?



<i>Le pays où l'on n'arrive jamais...

magnifique et onirique roman d'André Dhôtel</i>





Ecrit par Vespertilion
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