La pomme d'Adam



Des doigts de Dieu qui sommeillait

Fatigué d'avoir tant créé,

Il sortit en gaie ribambelle

Un fruit, oyez, mes toutes belles,

Qu'un doux rêve lui inspira

Alors qu'à l'Eden il pensait

Désirant pour Eve et Adam

Un paradis de frais ruisseaux

De champs fleuris, de chants d'oiseaux

De douces vallées solitaires

D'ombreuses forêts, de clairières

Où vivraient éternellement

A l'abri de tous les tourments

Ces deux, qu'il nommait ses enfants !



Oui, Dieu rêvait en grand mystère

Et de la paume de ses mains

On vit s'échapper tout soudain

Des milliers de petites sphères

Roulant autant que des phalères

Et qui parcouraient l'univers

Animées de desseins pervers

Car vous n'ignorez pas la suite,

Et comment, en prenant la fuite

Chassés par Dieu du Paradis,

Après le forfait accompli

Sous l'arbre de la connaissance,

Les malheureux Eve et Adam

Firent de nous leurs descendants !

Ecrit par Marcek
Tous droits réservés ©