La chute d'Icare

Voici quelques instants nous nous aimions encor
Maintenant que paisibles et las sont nos corps
Toi recroquevillée sur le plaisir acquis
Tu sommeilles ma femme et je n’ai rien conquis

Tout à l’heure j’usais tes baisers tes baisers
Tu me laissais gravir ton plaisir à ravir
Tu me tendais ta chair d’un immense sourire
Et la vie qui s’ouvrait tandis que je n’osais

J’aspirais à ton souffle à respirer par toi
Tu menais mon orgueil sur les sentes du sein
Au seuil de toute gloire où l’être est souverain
Je sentais que les autres n’avaient que leur foi

Encor quelques sursauts et j’y serai bientôt
N’est-ce pas que je sors de ma bure de peau
Vois je m’étends dans l’air et dans la matière
Vois je deviens tout Je suis tout Je suis fier

Qu’est-ce que je fais là épuisé sur ton ventre
Ne m’étais-je perdu au plus profond de l’antre
Où joignant ma sueur à l’amour unitaire
Je volais tout puissant vers ma place sous terre.

(1972)

Ecrit par Jim
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