Un rien capture

Ne m’en extirpez pas,

Vous vous blessez les doigts !

Qu’entends-je en mortes phrases ?

La prison de vos mots

Moins douce que la vase

Où m’envoie son pinceau.

Ne vous en mêlez pas,

Vous vous mordrez les doigts !



Sans voix je me libère

Des affects éphémères

Et respire aux couleurs

Sous les yeux éternels.

Contemplé de douleurs

En milliers d’hirondelles,

Sans foi je me vénère

Et cent fois je me perds.



Ne le contemplez plus,

Brûlez l’œil qui l’a vu !

C’est vers son maléfice

Qu’il attire vos arts.

Conjurez l’artifice

Et fuyez son regard !

Ne le plaignez donc plus

D’autant qu’il vous a plu !



Mais comment résister

À la mise en abîme,

Au mirage attristé

D’une image sublime

Quand nos sens enlisés

Soupirant nous oppriment,

Devant si bel hanté

Au risque d’en mourir ?



Ecrit par Schizombre
Tous droits réservés ©