Le phare des Milliers

Je suis le phare, le phare des Milliers

Je suis l’unique, au milieu des milliers

Je ne suis pas Eckmühl, géant incontesté

Je suis bien trop petit, cerné d’immensité



De la maison où je suis adossé

Du soir au matin régnant sur les nuées

Offrant ma destinée à la lune tant aimée

Protège les marins de la cote escarpée



Je me souviens

C’était un soir, le dernier de l’année

Un dragon de feu, du ciel évadé

Violant mon refuge, sans peine m’a débusqué

Volant l’éclat de vert qu’à l’orange mêlais



Alors j’ai dit

Je suis le phare, le phare des Milliers

De mon assise nul ne peut tomber

Car j’apporte au monde paix et sérénité

Prince solitaire des monstres déchaînés



Mais j’ai compris

Qu’Eckmühl avait, de sa flèche acérée

Percé le cœur du dragon enflammé

Que moi le tout petit, bientôt abandonné

Serait dans l’univers par Orion effacé



Alors j’ai pleuré

Ecrit par Franny
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