J'ai arrêté ma montre ....

Sur le bord de la rive,

Je regarde les eaux

Espérant que t'arrives

Ou surgisses des flots

Je t'ai vu ma naïade

Autour de mon bouchon

A jeter cette oeillade

Envers mon hameçon;

Quelle exquise secousse

Pour alerter mon coeur

Et qui, là, m'éclabousse

Tout entier de bonheur.



J'ai arrêté ma montre

Comme on cale sa ligne

Attendant ta rencontre

Pour renaître à ton signe.

Pour renaître à ton signe.



Je t'ai vu ma baigneuse,

Ma nymphe, ma psyché

Dont la voix mélodieuse

Et le corps m'ont charmé.

Comme aucune girelle

Tu mords à mon appât

De manière si belle

Pour mettre un branle-bas.

Poisson-lune et sirène,

Ondine et poisson-chat

C'est toujours toi la reine

Au fil de mes ébats



J'ai arrêté ma montre

Comme on cale sa ligne

Attendant ta rencontre

Pour renaître à ton signe.

Pour renaître à ton signe.



Comme dans l'"Or du Rhin"

Que gardaient les sylphides,

Je préfér' ton bassin

Aux trésors moins cupides.

Aux berges des rivières,

La vie s'est écoulée

Comme un rêve aux lumières

Par ton ombre filtrée.

Les paupières mi-closes

Ou les yeux grand ouverts,

Je projette et transpose

Nos hiers si prospères.



J'ai arrêté ma montre

Comme on cale sa ligne

Attendant ta rencontre

Pour renaître à ton signe.

Pour renaître à ton signe.





Ecrit par Louis Vibauver
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