La crèche en sucre.

Leb’chen Keks était une toute petite bonne femme à l’âme sucrée, au parfum de pain d’épice. Mannele succomba aux raisins de Corinthe de Leb’chen couchée dans un panier. Mannele faillit bien tomber à la renverse dans un cuveau de vin chaud. Leb’chen aima tout de suite la brioche de Mannele moelleuse comme une bonne pâte. Des enfants turbulents comme tous les enfants heurtèrent le comptoir de la maison de bois couverte de neige et de lumière. Et les deux amoureux tombèrent sur un matelas de barbe rose. Assurément, ils s’aimèrent comme on ne puit pas oser le dire dans un conte de Noël mais de derrière les planches, ils firent rougir les pommes d’amour et fondre un bonhomme de neige, c’est dire.
Mais rien n’y fit. Quand le marché de l’enfant divin toucha à sa fin, le ventre de Leb’chen restait désespérément plat quand la crèche accueillit le petit Jésus que tous les passants attendaient. Chaque cri de liesse était une blessure infligée au couple Keks, Leb’chen croyait encore en sa belle étoile, elle espérait un miracle. Mannele se rassissait chaque jour davantage. Il s’en fichait bien que de leurs amours ne vint ni sucre d’orge, ni pâte de fruit, pas même un fruit sec ou une crotte. Il se réjouissait de garder pour lui seul, sa Leb’chen toute déconfite de ne pouvoir devenir mère.
La fête se tut, le noir se fit sur la place. On les avait oubliés. Puis avec le printemps, ce fut le retour des cigognes. Ces grands oiseaux claquaient du bec. Ils criaient sur les toits, toutes les prochaines naissances. Le froid avait mordu la croûte mordorée de Leb’chen qui pourtant avait gardé pendant tout le long hiver, la foi en un miracle. Mannele ronflait encore quand Trudy, le crieur des cigognes annonça, Mazapan Stollen Kindle de la famille Keks. C’est ainsi que le foyer de Leb’chen et Mannele s’agrandit d’un petit Keks livré dans un lange de sucre glace.

Ecrit par Ann
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