Sequane

C’est sur les quais de Seine que nous trinquions après le travail d’un verre d’évasion vers des pays de soleil, regardant les bateaux sagement amarrés au quai Corneille.

Les péniches, le ventre alourdi de sable ou de graviers remontaient la Seine.

Souvent nous longions les quais jusqu’au port

Les cargos déchargeaient leurs précieuses marchandises

Des collines de souffre et de houille attendaient dans les fumées industrielles dissolvant l’activité des docks

Nous passions à Sahurs le bac que nous ne rations jamais celui-là

A la terrasse du grand café par jeu nous guettions au travers de nos verres les porte containers déboucher de la boucle que le fleuve fait à cet endroit et descendre vers le Havre les céréaliers rassasiés des silos dont la poussière des transbordements faisait fuir les pigeons.

Et voguaient sur nos breuvages des Trois-Mâts et parfois même un knarr semblable à celui endormi dans les murs du château de Robert le Diable perché sur les falaises.

Au travers de nos verres dans une gorgée rafraîchissante, j’étais pirate et tu étais viking et nous abordions les bords de Seine puis repartions vers le grand large emportant dans une dernière lampée toutes les richesses de notre pays vers des terres lointaines.

Et notre course se poursuivait parfois de Duclair à l’estuaire et dans un dernier verre nous saluions les aventuriers des mers dans un joyeux au revoir.

Les bateaux empruntaient le chenal puis au fond de nos verres sombraient à l’horizon dans une dernière goutte de rêve.



Ecrit par Ann
Tous droits réservés ©