Les chevaux de l'amour...

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Les chevaux de l’amour, de leurs sabots de feu,

Tout en broyant mon coeur, ensanglante mon âme

Et brûlent mon esprit par leur cruelle flamme

- Due à ton inconstance - au fil de ton aveu.



Hier il m’était doux de sentir leur haleine,

Tiède et vaporeuse en souffle précurseur,

Lorsque tu les lançais, d’un mot, avec douceur,

Vers moi dans leur galop d’une ferveur si pleine !



Leur crinière me gifle à présent sans égard

Au lieu de réjouir la peau de mon visage,

Et, n’ayant pas de mors, tel un mauvais présage,

Ils troublent, furieux, le ciel de mon regard.



Je ne peux maîtriser l’impitoyable course

De ces étalons noirs dont les crins, jadis blancs,

Nuancent le malheur qu’ils portent dans leurs flancs

Pour le greffer en moi, depuis sa triste source.



Je porterai le deuil des chevaux fous d’extase,

Ceux qui savaient si bien célébrer mes émois,

Essayant de survivre au cours des prochains mois,

Brisée, en mon destin que ta lie extravase !

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© Johanne Hauber-Bieth

Extrait du Recueil "En cueillant Le jour" Edition de La Lire Bleue, Paris 2005</font></i>

Ecrit par Johanne HB
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