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Poésie libre / Le show des puces 11
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Le show des puces 11
par Ann


— Mais c’est une bague ! fit Luis déçu. « Je ne vois pas de puces. Vous aviez promis, Maitre Kostia ! » — Les puces sont des artistes timides. Vous les avez fait fuir, fit Kostia sans se démonter. « Petites, oh, petites, en piste ! » continua-t-il en saisissant l’anneau avec une pince qu’il tira du chignon de Mémé. — C’est du baratin, fit Paul. On ne peut pas dresser une puce ! — Vous entendez Madame Cunégonde, on doute de votre talent. Appelez donc Mademoiselle Chimène, fit Kostia. Les enfants furent médusés quand le bonhomme dénicha de son oreille deux gros points noirs attachées par un fin fil d’or. Les points avancèrent cependant sur l’épaule du dresseur. — Il n’y a rien de bien extraordinaire à tirer des billes avec une ficelle ! dédaigna Paul. — Approche-toi, tu verras leurs longues pattes ! proposa Kostia — Pouah ! fit Paul en constatant qu’il s’agissait bien de minuscules insectes. — Mais ce sont des marionnettes, n’est-ce-pas Monsieur Kostia, temporisa la raisonnable Juliette. — Mes filles, des marionnettes ? Certainement pas, tu verrais comment elles dévorent leur repas sur un coin de mon bras. L’assemblée se gratta en voyant les artistes se poser sur l’anneau alors que le maitre présenta le premier numéro : « Voyez ! Ceci n’est pas une bague, c’est un cerceau que nos acrobates font faire rouler. » En effet l’anneau redressé avança sous le mouvement de ces fauves miniatures qui se firent tireuses de boite d’allumette, funambules et danseuses de French cancan. — Visez comme mes équilibristes ont la patte légère ! s’enthousiasmait Kostia, amoureux autant de cabaret que de guinguette. Quand Maitre Kostia rappela ses protégées, elles saluèrent le public en passant au travers du bijou d’or que finalement elles emportèrent jusqu’au doigt de Mémé qui ne put refuser cette alliance passée d’une si originale manière. Les puces finalement, tirèrent leur révérence dans l’écrin de soie fanée et marqué aux nobles armes de la famille Zviaguintsev. La vénérable boite se referma sur les prisonnières volontaires du forgeron au sang bouillant des cosaques de la steppe d’Asie centrale. — Ma puce ! fit sans retenue Maitre Kostia se jetant au pied de sa future et sous le regard ébahi des enfants. — Vous voyez qu’il suffisait d’un baiser de Mémé pour que le méchant liéchi se transformât en grand-père acceptable ! conclue Juliette. — Mémé est plus forte qu’un ogre alors ! fit le jeune Luis qui avait battu des mains toute la soirée. Il ajouta avec un brin de méchante jalousie : « Paul, tu devrais peut-être aller embrasser la branche de saule, tu sais laquelle ! Elle se transformera alors en gentille fiancée » — Et si je te caressais les côtes, mon cher petit frère, tu deviendrais un vilain crapaud, rétorqua Paul qui ajouta : « Mais non, c’est complètement impossible, tu es déjà un affreux crapaud pustuleux ! »

Suite de <br />
<br />
BUISSON ARDENT 1<br />
MEME 2<br />
LA TOILETTE DES CHATS SAUVAGES 3<br />
LES PANIERS DU MARAIS 4<br />
MENTHE OU ROSE 5<br />
L’ŒUF BRISE 6<br />
LA SOUPE AU LAIT 7<br />
OU L’ON FAIT CONNAISSANCE AVEC MAITRE KOSTIA 8<br />
LE FORGERON 9<br />
LES HARDIESSES DE MAITRE KOSTIA. 10


Poème posté le 19/04/18


 Poète
Ann



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