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Poésie libre / Rêve énorme
              
Poésie libre / Rêve énorme
         
Poésie libre / Rêve énorme

Rêve énorme
par Thierrycabot


Si faible d’une vie acculée à l’impasse, Si fort de mes desseins géants et fabuleux, Je me découvrirai semblable au ciel qui passe Avec ses moutons gris, ses loups noirs, ses geais bleus. Brisant le cadenas des pays en jachère, Soutenu, fécondé par de nouveaux printemps, J’agiterai ma soif ô combien la plus chère Aux secousses d’un hymne ouvert à tous les temps. Et comme je n’aurai plus d’âge, plus de forme, Comme sur moi viendront se déchaîner sans fin, Exquis, des millions d’éléments, rêve énorme, Je me ferai matière à chaque place, enfin ! D’abord sous le feuillage empli de moiteurs chaudes, Je serai goutte d’eau, frémissement, duvet. Le soleil soufflera des éclats d’émeraudes Et cheminera pur, la houle à son chevet. Bientôt je serai fleur dans le nid de la brume, Source dans les taillis, flamme dans le désert. Bientôt dans les sous-bois que le désir allume, Je serai fin murmure ingénument disert. Quoi que diront les jours à l’étoile fugace, Je serai même brise et sable et lune et flots, Lorsque la nuit songeuse emmaillote l’espace Et que toute ombre douce y brode maints halos. Parmi la grâce neuve ou l’odyssée altière, Je serai tout autant montagne au rire d’or Qui, pleine du baiser profond de la lumière, Explosera de fête au cœur de messidor. Je serai… je serai tempête, déchirure, Ecrasement boueux des plaines sans couleur Dont se déferont l’âme ainsi que la parure Après cent mille chocs tombés du vent hurleur. Puis… puis, charme inconnu, presque fou, délectable, Consumant dix coteaux, dévorant cent vallons, Je serai lave épaisse unie au sol instable Pour napper de sang vif les élans les plus longs. Encore, encore là, clair poème du monde, Je serai fleuve, mer, océan ; je serai Onde gonflée, ô suc ! de la force de l’onde, Eau suave toujours d’un infini secret. Encore, encore ailleurs, jusqu’au plafond des astres, Nu dans le firmament joyeux de refleurir, Je serai - bleu cyclone - et naissance et désastres, Création suprême, à mourir, à mourir. Thierry Cabot (La Blessure des Mots)



Poème posté le 23/08/18 par Thierrycabot


 Poète
Thierrycabot



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