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Poésie libre / Le chant de l'oiseau
              
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Le chant de l'oiseau
par Victorhoed


Mes larmes sont déguisées. Et tu cries : « Oiseau moqueur va t'en ! » Personne ne répond, comme le temps s'émiette. Et devant, la mer s'agite, pourtant sereine. Ce n'est qu'un vague pressentiment qui sommeille, et qui s'appuie sur ce gonflement de ta poitrine. Une danse, qui ensorcelle. Et tu rougis. Non, ce n'est pas de ta faute ! Non, ce n'est pas de la mienne ! Crois-tu des fois entendre ce bruit sourd qui traverse la nuit ? Comme un train. Cette routine s'acheminant à une vitesse infernale. Elle bouscule. Elle enserre. Et chaque fois que je te regarde, je vois le bout du tunnel. C'est sans fin. Rappelle-moi, combien de fois, ces rêves n'ont été que des chemins, pour toi, qu'il ne valait mieux pas emprunter. Et je sais que tu les regardais. Impatiente, et ton regard s'est éteint cette nuit-là. C'était une fièvre dérangeante. Celle que couvent nos secrets. Et tu cries : « Oiseau moqueur va t'en ! ». Sans rien pour t'empêcher. De crier. Va t'en, sors de ma mémoire. Une nuit de plus et les doutes s'égrainent. Mais les rues ne perdent pas espoir. Elles émettent ces lumières qui tremblent. Et dans le noir, c'est à peine si on avait de quoi se distinguer. Comme on regarde ce miroir, notre reflet. Toi, tu te brises. Et je détruis. Plane, au vol aride, morbide à mes heures, tournoyant comme un vampire, je chancelle et m'effondre. De ta Tour, rien ne brille. Pourtant, je tombe. Et tout s'éclaircit. Dans cette étincelle, je flambe et tu me nuis. « Va, oiseau moqueur. Mais ne pleure pas, ris. » Vois, comme elle m'entraîne. Ta voix maigrie.



Poème posté le 07/09/18 par Victorhoed



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