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Poésie libre / A une Pandore
Poésie libre / A une Pandore
Poésie libre / A une Pandore

A une Pandore
par Quentin


Océan de toutes les directions, Libre mouvement de l’élément Eau, Eden de légèreté, avant-monde d’aisance, A perte de vue le Silence de ce côté du miroir, D’où je t’observe m’observer… Deux Regards de failles, feux parallèles, Univers de mers inverses se cherchant. Vaisseau dérouté de ma vie acceptant le voyage, Et d’une bénédiction de ton sourire amusé, La magie d’étrangeté entourant ces pas maladroits qui m’amène à coté de toi. De ton inconnu je ne sais encore ni marcher ni me tenir, J’ai soudain peur de ma langue quand d’un trouble des souvenirs Ta présence réveille l’affection d’une île presque natale… Les fleurs semées il y a longtemps dans ton parfum. L’Art étrange qu’exerce ta voix dans ma poitrine. Et Ces souffles que tu me prends si naturellement, D’une main que tu apposes parfois dans mon dos, Et où tu sembles murmurer dans ta langue maternelle, Des questions d’enfance se jouant de mes doutes… No hea mai oe ? -d’un vaste Océan-Nuit Ua ite anei oe ite parau ? - Je parle les feux noirs sur feu blanc Hinaaro oe te himene ? Te oto nei au… Elle est Soleil de ce qui l’entoure, Autant des réconforts que celui des brûlures. Me tenir si près d’Elle Est un semblable feu de ses possibles et illusions, Une semblable intuition des risques et des rêves Que nous forgeons pourtant d’un soupir différent lorsque nos peaux s’effleurent… Elle est ce que le cœur des hommes souvent imagine Devoir se remplir de passion Pour avoir une chance d’exister à ses Yeux. Elle que je sais messagère muette, comme l’étrangère d’un amour Qu’en fin de compte tout le monde lui retire. Se consumer doit-il être la seule expression d’un homme ? Elle se fait Plaisir pour d’autres, Quand mes plaisirs à moi patientent dans la fièvre, Et qu’acharné sans corps je me procure, Des silhouettes d’extases comme médecine, Des ombres pour divertir le Feu de ma ferveur… Elle est ce que mon rêve s’apprend en la regardant, Pavane des lents cheminements, Comme un Soin de sa Féminité longue à contempler. Baume du Silence sur l’impatience de ma voix, Baume Féminin sur l’orgueil qui m’emporte vers Elle, Patience sur le Lointain dont Elle se pare, Navigations millénaires des peuples de la mer… Toi qui est Elle de ces beautés fantasmées, Celle que tout le monde appelle objet de tous les désirs, Moi je t’affranchis sous le nom de Pandore, « l’ornée de tous les dons » Toi l’une des premières femmes, l’intrigante et l’intriguée, Parmi les créations des noms humains Tu trône comme une mère douloureuse Sur la malédiction de soigner les hommes par ta Splendeur… Et de leurs devenir Venin addictif, sitôt qu’ils ne suivent plus les promesses de tes gestes, Ne se nourrissent plus des abondances de ta Grâce de l’Instant. Et soudain se rendent compte du Vide qui depuis si longtemps engouffre leurs êtres, Et n’ont plus comme issue que le souvenir de tes bras à vampiriser, Et de ton temps voler les joies à distance, Au Nom d’une Joie dont tu es Femme-Monde, Et qu’ils t’accableront toujours, Jardin Perdu, Du Seul âge d’or de leurs joies à eux qu’ils t’accuseront de leurs enlever… D’un coffre mal interprété puisque tu es l’absence de peur face aux douleurs : Tes réincarnations aujourd’hui soignent toujours l’intranquilité des hommes Pauvre Pandore comme je t’aime qu’il y ait des êtres comme toi Et crois-moi comme j’essaie d’être un être capable de t’accueillir. A la musique que tu laisses en moi, Source que recueille, en une onde, le parfum sacre des mots. Fille de tous les sens, et d’autres îles inimaginées, La constellation spontanée qui s’éfusionne depuis ton feu si primordial Est une carte qu’un jour j’aimerai savoir complètement lire, Un ciel que peu à peu je nomme de mes Chimères anciennes, A la fois pour guider mes aventures et consoler mes naufrages, Et aussi me rappeler de l’essence des merveilles dont je te vois, Parmi la folle mémoire d’une Ivresse de Toi, que je récolte comme les fruits fermentés d’un arbre de symbole… Ua putapu roa vau… Des danses qui m’apaisent à celles qui m’obsèdent, Ton être involontaire déploie sa roue dans tout mon ciel, Toi soudain revenue gardienne d’un feu de milles yeux, Trésor du désir de tous. L’Hypnose braise des harmonies qu’animent ton corps, et des orbes d’Or que laisse en suspend tes mains, A la douceur outremer de tes sourires pour moi, Tu passes d’une couleur à l’autre de mon excitation, D’une telle simplicité que s’en est effrayant…

(protégé par droits d'auteur)

Poème posté le 08/09/18 par Quentin



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