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Poésie libre / Talibés (Les enfants perdus de M'Bour)
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Poésie libre / Talibés (Les enfants perdus de M'Bour)

Talibés (Les enfants perdus de M'Bour)
par Antigone


Ils sont nés, quelque part, entre deux confidences, Ces gamins que j’ai vu ânonner des prières, Le sommeil et l’ennui embrumaient leurs paupières Et la peur censurait les émois de l’enfance. Mômes abandonnés –sans l’amour d’une mère- Et contraints à mendier dès le petit matin, Le coran, le fouet, pour unique univers, Le gourbi, les haillons, la misère et la faim ! Pieds nus sur les chemins d’un tyran despotique, Ils traînaient leurs corps las piétinant la poussière, A la tombée du jour revenaient, pathétiques, Pour rapporter les fruits des moissons nourricières. Des enfants innocents !... Que les hommes sont lâches Quand personne, jamais, ne viens sécher leurs yeux ! Si les larmes pouvaient effacer, sans relâche, Les affronts, les soufflets, les propos venimeux ! S’ils sont nés, quelque part, entre deux confidences, Ils n’ont jamais connu la douceur des caresses, Héritiers de l’enfer qui n’ont pas eu la chance De germer au soleil arrosés de tendresse. Au tréfonds de mon âme où je sens comme un vide, Je ne peux oublier et mon cœur, qui se serre, Se rappelle, interdit, le sourire impavide Du bourreau martelant les mots de la prière. Dieu est-il si hautain qu’il déchire le doux ? Lui qui voit et entend chaque coup, chaque pleur, Qu’attend-Il pour tirer et forcer les verrous Des cachots de l’oubli où sévit la terreur ?!

THALASSA - 20.02.2009 - Un reportage de Daniel et Odile Grandclément (Une production DGP)<br />
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" ...La scène se passe à M’Bour, un port du Sénégal. Des dizaines d’enfants mendient, chacun avec la même gamelle à la main. Ils ont entre 4 et 15 ans. Tous sont en haillons, sales, et semblent inexorablement seuls et abandonnés. Ils sont partout, à chaque coin de rue, chaque carrefour..."<br />
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Ce reportage m'a bouleversée ; la dernière image de ce petit bonhomme -quatre, cinq ans, tout au plus- qui tente d'esquiver les coups et ravaler ses larmes me hante encore ! <br />
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Honte à vous hommes sans vergogne ! Honte à vous hommes sans foi ni loi ! <br />


Poème posté le 09/03/09


 Poète
Antigone



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