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Poésie libre / Décembre 1986
              
Poésie libre / Décembre 1986
         
Poésie libre / Décembre 1986

Décembre 1986
par Hurlevent


Et naquirent des rocailles des gorges Des coulis d’orchidées, Et dans les landes mauves de l’espoir Se moissonnait follement du cœur d’Homme, Et les curieux, attentifs colibris Butinaient le sucre du renouveau Le frisson d’une cape d’amitié posée sur leurs épaules, Et des balcons de joie les banderoles du chant, Et de la pierre au ciel suspendue Les applaudissements du réconfort, Et des gestes juvéniles le bruit merveilleux Plus beau que le silence d’hier, Et l’ampleur du partage en échappée blanche Sur les lèvres déchirées de bonheur, Et toutes les têtes fières dans le crépitement du réveil, Et dans les yeux luisants l’éditorial de l’aube, Et dans leurs doigts légers comme du sable de soleil Le signe avant-coureur de la liberté, Et dans les poches les feuilles du journal plié Porte ouverte sur un espace de cœur projeté en avant Montagne rose couchée sur son adret, Et tout un peuple de paradisiers en ce point précis D’où s’écoule le temps prêt à l’envol, Et soudain, cinq hectares de peur, Visages soudain tournés vers l’horizon des lacrymos, Et soudain la blessure écrite de la première encre posée, Et le poids du sang sur des milliers d’épaules fragiles, Soudain la haine pendues aux fenêtres de fumée ouvertes Et brisées d’éclats de feu, Les cœurs lancés dans la pierre les slogans balafrés, Et soudain dans les draps défaits de l’amour La silhouette encore chaude de l’oubli, Et l’homme oublié, la bête souveraine Avec sa longue traine de larmes et d’amertume, Place de la Bastille trois hectares D’âmes en haillons dans le vent Et des heures de cachot aux murs ensanglantés, Et des pleurs transparents Dans la fumée de cigarette du froid, Ô frères de sillage et de voile dans la tempête Voyez les chiens affluer et s’accoupler à notre sang, Sur les lèvres ouvertes de notre chair hier belle encore Aux semailles des doigts à la saison de champs fleuris, Voyez le soleil meurtri et devenu plus sombre Que tous les torchons de la nuit éployés et mis à nus, Voyez les chevaux blancs de nos songes hyperboréens En notre sein démembrés en vains sanglots, Ô royaume de violence imbécile D’un roi demi homme demi bête Salut la compagnie des invisibles Joie, paix, amour, amitié, chaleur et liberté.

Poème de ma jeunesse

Poème posté le 28/10/18 par Hurlevent


 Poète
Hurlevent



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