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Poésie libre / Evocation
              
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Poésie libre / Evocation

Evocation
par Thierrycabot


Contre les galets blancs se déchiraient les eaux. C’était comme une force et qui gonfle et qui roule, Une bête allongeant ses humides naseaux Dans le sillon d’écume entaillé par la houle. Le soir déjà fourbu luttait avec le jour, Et la nuit violette à peine encline à naître Laissait juste entrevoir au fond de l’éther lourd L’ébauche d’une forme ou d’un sanglot peut-être. Devant les flots rageurs, elle se souvenait De tout, de rien, du monde où s’éteint chaque fête, Des trilles où loin, loin, un chant de sansonnet L’avait jadis émue à s’étourdir la tête. Elle se rappelait plus sensuellement Les jamais, les toujours confondus sur sa lèvre. Quand on aime, quel choc ! quel éblouissement ! Le moindre soleil bu nous donne un peu la fièvre. Tant d’images montaient face à la mer en deuil ; Vagues de souvenirs à l’assaut d’autres vagues ; Tout se mêlait sans cesse et tout en un clin d’œil Se chargeait de rumeurs nostalgiques et vagues. Frisson, fatigue, doute ; au moins quatre-vingts ans Contemplaient le flux noir échappé vers le large. Alors les doigts bleuis, alors les bras pesants, Elle essuya des pleurs, noble, d’un geste large.



Poème posté le 19/12/18 par Thierrycabot


 Poète
Thierrycabot



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