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Poésie libre / Autre
              
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Poésie libre / Autre

Autre
par Salus


Dans l’épouvantable multiplicité Où des cerveaux envahis stagnent, Je me retrouve, errant la cité Et mes esprits s’éteignent, et … L’on m’appelle, dans chaque bruit La lumière - il n’était pas nuit - La lumière envahit le silence. Tout me vise, et m’ennuie, et me perd ; Dans le lointain l’oiseau s’élance, L’azur chuinte, avec des yeux trop pers ; Tout s’agite en moi, qui remonte ; Je suis seul et j’avance Avec l’univers. Que je meure ! Et tout s’ouvre, et j’ai honte, Et tout m’aspire et mon sang se fait fonte ; Tous, qui me voient, me sourient horriblement ; L’air est douteux, la main même ment ! Chaque couteau voit naître un amant. Quel désert désespère et m’inspire, Hululant en sourdine, Mohamed ! C’est la fuite à Médine… Et tout brille et rouille, et sans âge, je gire ; Perdu, pire ! Père ! Pure et dure, en tes lois amères, Perce une ire où juge, tu gères Cette hégire et gèle mes sueurs ! Tout me fuit ! Tout me luit ! Je me retourne, et suis plusieurs ! Ça chuchote, on m’observe, - C’est qu’amer, je me meurs Et l’on jette aux pourceaux L’or de mon âme serve. Dans cette fange sale des eaux, Là, nous grouillons de multiples bras ! Et dans les ombres de moi-même, Dans des recoins secrets que j’aime, Il se cache d’infâmes yeux gras ! Les influx tors de tout désir Paraissent charmes des Æsir, Car, passant son fluide à tous flancs dodus, Le grand feu d’Odin s’ouvre aux ventres nus. Le réel me traverse et m’agite, Je suis dans ma tempête et la gîte Est telle qu’on entend, Hantés, des pensers dont Basculent, tel qu’au fret De ces barges qui coulent, L’excédent de leurs dons, Et l’idéal dedans… J’ai bercé le crapaud et j’aime l’araignée, Je suis fils de Caïn, du serpent, fils de Seth, J’aime tout ce qui rampe aux ronces, dans l’aneth ; J’ai, de la salamandre antique, l’âme ignée ! Mes bras sont pleins de plaies Malignes, coups, horions ; Et je sens grouiller des prions Dans l’amour de vierges ailées Déchirant de leurs dents zélées Les borgnes autels où nous, cœurs morts, nous prions. Car la nuit palpite, et mon ventre écrit ; A ces yeux griffés ruisselle du sel ; Ma gorge est un trou semblant éternel ; L’histoire est vaine, et sanglante s’écrie : Buvez les mots ! Ravalez votre fiel ! Et je voudrais d’un vers létal Pour empoisonner la bêtise Et la méchanceté qu’attise L’humain silence végétal



Poème posté le 02/01/19 par Salus


 Poète
Salus



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