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Poésie libre / Anniversaire (lecteur averti)
              
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Poésie libre / Anniversaire (lecteur averti)

Anniversaire (lecteur averti)
par Cristalys


Je veux me rendre sourde pour ne plus avoir à entendre ces mots, je suis allongée et j'ai sommeil, j'en ai assez de vos berceuses, je ne veux plus entendre, je ne veux que la beauté, mais les ondes sonores rebondissent sur moi, c'est faux, ce ne sont que vos doigts qui s'agitent sur mon corps jeune, que plus personne ne me touche, je ne veux plus toucher, mais les odeurs montent et redescendent, ces odeurs de rats morts, accrochés au plafond et pendus par leur queue, de cires brûlées à côté de moi, c'est mon anniversaire, j'ai six ans, personne ne peut crier en s'esclaffant comme des fous que c'est une très bonne idée que de rester ici car je ne les entends pas, mais je peux encore sentir ces odeurs de putréfactions, les haleines de ceux qui ne se sont pas brossés les dents, je ne veux plus rien sentir, je veux juste la beauté, ils me déshabillent, plus d'odeurs de cramé, de lavandes mélangées aux sangs des rats sacrifiés, les rires cruels sont lointains, on me viole avec un poteau en rubis rouge, je n'ai pas mal, on m'étouffe avec un gâteau au chocolat, il y a encore les marshmallows que j'avais posés sur le dessus, mais je ne veux plus rien manger, tous mes cris n'apparaissent pas dans mon esprit, vos rires ne sont pas là, je n'ai pas mal, la fumée des bougies mêlée à l'éternité de la scène ne me touche plus, mes veines taillées ne me font pas mal, je n'ai pas mal, tu m'entends ?! je n'ai pas mal, à vrai dire, ce n'est pas que je ne veux plus rien manger, c'est que je ne veux plus rien goûter, je veux de la beauté, quelque part, quelqu'un, quelqu'un est là ? Je supplie avec des bribes incompréhensibles entre deux claques qu'on m'inflige, le vrai sacrifice, ce n'était pas les rats, ce ne sont pas les bougies, c'est moi, cristallisation inconsciente des membres, certains disent que ce n'est qu'à cause de la drogue, je vois Satan me saluer légèrement avec sa grande gueule de bouc complètement ouverte, ton rubis dans ma bouche n'a pas de goût, les attaches à mes mains et à mes bras ne servent à rien, j'ai du mal à respirer, je n'entends rien, je ne touche rien, je ne sens rien, je ne goûte rien mais je vois encore les six verres remplis de sang écaillé au plafond à côté des rats morts, c'est mon sang : que quelqu'un me crève les yeux.

Ici, je vous avertis que ce poème est composé de scènes pouvant choquer le lecteur.
Âme sensible s'abstenir, pour le reste d'entre vous, bonne lecture !


Poème posté le 23/02/19 par Cristalys


 Poète
Cristalys



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