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Tristesse
par Ecrivain en herbe


Je te connaissais depuis longtemps. Je t'ai toujours connue. Rôdant autour de moi, m'entourant de ta houppelande funeste, s'emparant de mon cerveau et le broyant sans répit, m'ôtant toute énergie, me laissant l'ombre de moi-même. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui j'ai mal, si mal... Tu as pris possession de tout mon être, faisant couler mes larmes en cascade ininterrompue, permettant à mes idées noires de gagner encore une fois la partie, malgré le soleil radieux ; cet astre magnifique, géniteur de bien-être et de félicité qui m'habite d'ordinaire. Tu mets mon légendaire penchant à l'optimisme à rude épreuve, le troquant au profit d'une propension au défaitisme exterminateur. Ta palette comporte toutes les nuances de gris, où chaque tonalité est en accord avec le degré de douleur incombée. Tu empruntes des chemins tortueux, prenant l'apparence de l'enfant en rébellion contre l'autorité, l'amour tant aimé qui trahit, l'ami de toujours qui fait faux-bond, ou bien la perte d'un proche que l'on choyait. Tu rends mon regard terne, mes yeux s'embuent, tu raidis mes traits, pâlis mon teint, mon buste se voûte et ma démarche se traîne. L'envie me manque et l'asthénie me gagne. Tu es partout, semant le trouble, le désarroi et le dégoût dans l'existence de chacun. Tu es impalpable et si pleinement réelle, te nichant dès que tu le peux dans mes pauvres entrailles. Spasmes, larmes, incompréhension, crampes, insomnies, désintérêt arrivent pêle-mêle et entravent ma sérénité si durement acquise. Ton souhait est de me voir sombrer, que je me prosterne devant toi et me recroqueville, solitaire, en proie à la plus grande apathie. Tu t'emploies à fermer mes oreilles aux secours les plus énergiques, à me terrer dans un monde qui paraît sans issue, où même le chant du rossignol fait perler mes yeux tant mon âme est vide. Tout est mort autour de moi, ormis les amères images qui foisonnent dans mon esprit souffrant. Mon estomac se noue, mes yeux se vident et mes narines se remplissent, mes lèvres se tordent, ma nuque se raidit et mon front tambourine sous la tension trop intense. Mes mains jointes soutiennent alors une tête devenue trop pesante, comme pour alléger le poids excessif des maux que tu distilles avec sadisme. Et toi, tu entonnes un chant d'allégresse, tu t'acharnes à réduire à néant la moindre parcelle d'ouverture vers un jour meilleur et empêches les rayons de l'Espoir d'investir mon cœur, fière de ton œuvre destructrice. Tu es semblable à ces soirs d'orage que je redoute tant, quand le tonnerre gronde dans mon crâne et que le ciel pleure en longs sanglots déchirants. Tu brandis alors ton obscur étendard, forçant mon repli en quelque tanière et faisant de moi une pauvre bête apeurée poussant d'interminables plaintes. Tu es la désolation personnifiée, dont certains cœurs trop faibles ne se remettent jamais, tandis que d'autres plus hardis chercheront la brèche et se hisseront vers la lumière. Et tu pourras essayer de m'avilir, me contraindre sous ton joug, m'imposer ta loi et m'infliger tes tortures. Mais que crois-tu donc ? Que je vais laisser libre champ à ton action dévastatrice ? Je te hais, je lutte de toutes mes forces quand je te vois venir vers moi, je t'esquive du mieux que je le peux, espérant avoir la joie de te piétiner. Et saches que quelque part, se trouve une âme dévouée et bienveillante, qui n'aura de cesse de te combattre, unissant ses forces aux miennes pour ramener la gaîté, ton ennemie jurée, en notre sein.



Poème posté le 16/02/16


 Poète
Ecrivain en herbe



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