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Poésie libre / Fantasme !
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Fantasme !
par Constantin


Elles sont très occupées par des futilités, Gentiment attablées, le décor est planté. Sucreries et gâteaux, infusions parfumées, Sur la nappe brodée, rien ne semble oublié. Superbes créatures, souriantes et fardées, Elégantes et racées, elles se savent adulées. Leurs propos ne sont pas tout à fait innocents, L’amour et le grivois en croustillent l’accent. La nappe et ses longs plis cache mal le fuseau De leurs jambes gainées, fines et modelées. A l’inverse, les mains, et leurs doigts déliés, Peignent l’air parfumé, adorables pinceaux. L’homme, discrètement, fixe les deux beautés. Il semble fasciné par tant de volupté. En ce beau paradis, le temps s’est arrêté, Tout est charme, douceur et sensualité. Ne pouvant résister, il s’est laissé glisser Sous le coton rosé de la nappe plissée. L’homme est déconcerté, quatre pieds dénudés Se frôlent et se mêlent dans un ballet feutré. Les robes retroussées, très haut par ces torsions, Découvrent sans pudeur les trésors convoités. Sa gorge est asséchée par autant d’émotion, Il n’ose plus bouger, séduit, mais pétrifié. Tout semble se liguer pour troubler sa raison, Au parfum confiné de ces corps désirés, S’ajoute la beauté de ces quatre piliers Et le trouble piment de la situation. Il se sent prisonnier d’un piège délicieux, Découvrant lentement ce qu’il a de précieux. L’ombre, en complicité, anime le tableau D’une prison dorée dépourvue de barreaux. Rien, aucun bouclier ne protège les lieux, Les offrandes sont là, privilège des dieux. La fièvre l’a gagné en voyant ces fruits nus, Il caresse du doigt les sexes dévêtus. L’homme a senti soudain quelques larmes d’envie, S’écouler lentement de la source de vie. Les gouttes de liqueur embaument le berceau, L’assoiffant du désir de boire à ce ruisseau. Se sentant libéré de toute appréhension, Il se jette en avant, violemment exalté. Par ces lèvres enfiévrées de tant de volupté, Et tente de laper cette douce potion. Cruelle déception... il est tombé du lit, Ou comme chaque jour il s’était assoupi. Le rêve est envolé, emportant avec lui Ce duo si gracieux, fantasme de ses nuits.



Poème posté le 09/10/19 par Constantin


 Poète
Constantin



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