Accueil FORUM Inscription/connexion

Paris V13A23H59
par Cod Kinay


Sur l’horloge de l’hôtel de ville, Il est 21h20 tout pile… Je regarde ma France, Ma ville d’enfance, Le sang de mes semblables coulant, Du dixième au cœur du Bataclan : Instantané A l’horaire de l’horreur Figeant d’un coup l’air aux couleurs D’un instant fané De vies en lambeaux. Et de rétines déchirées. Je n’avais pas pensé que daesh irait Jusqu’à l’insensé d’y jouer les Rambo ! Quoiqu’au fond, toi et moi on savait Que les greffons du fanatisme couvaient, Que l’horreur à nos fenêtres Finiraient par naitre Dans nos foyers aussi. Qu’on était juste en sursis. Car mettez tout texte sacré Entre les mains de sanguinaires Et vous verrez que ça crée Des adeptes qui vénèrent la guerre, Des bêtes qui se livrent aux pires rituels D’une secte d’ignorance spirituelle ! Des soifs de pouvoir Sous alibi de religion, Pour des rois de l’avoir Dont les tristes légions Prospèrent sur Terre au Terreau De la misère Qui génère Des manques de Culture Et la naissance des cultes durs ; Comme ces prêches sales, à fist idéologiques, Pour pêche aux salafistes psychotiques ! Alors, tout ça fait des records de corps, Des morts de tous bords, sans remords, Des meurtres, encore et encore… Encore combien de sang dans l’œil Et de deuils dans les dents ?! Combien d’innocents en cercueil Pour des orgueils indécents ?! Je hais l’obscurantisme, L’obscur autisme du terrorisme Et ses soi-disant états Sous politique d’attentat. Putain de nid de vipères Au venin de la colère Qui me tord les viscères Et injecte à mes nerfs L’envie de lutter contre La contrainte Des monstres ; Qu’on montre Sans crainte, Résistance face à l’enfer, Et qu’on croise le fer Sans jouer la montre. De la guerre nécessaire Pour ne pas se laisser faire Mais j’espère, En tant que père, Qu’on gardera notre âme ; Celle qui évite les amalgames, Aux souvenirs de l’exode de 40 Et du flot de nos familles migrantes. Qu’on embrasse cette envie folle Que les trois mots de notre symbole Chantent une hymne féconde : « Aux actes citoyens Forgeons donc nos maillons. Marions, marions, Toutes nos cultures Au fleuve de l’union ! » C’est pour ça, Qu’au-delà des clauses de pourfendeurs, Il faudra Qu’on traite les causes en profondeur, Qu’on pense aux richesses De la planète Avec une vue des justesses Un peu plus nettes ; Que les victimes et les larmes ne soient pas vaines, Et qu’enfin, les Droits de l’Homme et de la Femme deviennent Le quotidien de chaque gamin, Le sens commun de l’être humain. Novembre 2015, on est vendredi 13, Pas très loin du père Lachaise, Des larmes et du sang aujourd’hui Et puis… …De la lumière demain. Sur l’horloge près du Pont-Neuf Il est déjà 23h59…

Parce qu'il est des catastrophes qui nous marquent... Mais que de leur chaos germe toujours une touche d'espoir...

Poème posté le 04/07/16



.