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Guignol
par Banniange


Marionnettiste, marionnette, Les mains s’animent en mouettes Qui a tissé ces fils si fins Qui s’effilochent à la fin ? Marionnettiste, marionnette, L’un s'applique, l’autre est en fête, Voici la valse des pantins Tournant autour de leur destin. Guignol dérobe le butin A Canezou, le fier rupin Qui a volé tant de larbins, Devenus pauvres sacristains. Madelon porte la culotte De tous ces ânes patriotes, La moutarde dans les naseaux, Ils s'explosent pour un drapeau. Octave lisse sa moustache Et puis astique sa cravache, Emilie se rit de Jean-jacques, Sniffe de la pure ammoniaque. Le bailli tance les gendarmes Bien trop zélés avec leurs armes, Tabassant les barons voleurs, D'aussi insignes électeurs! Le sergent pleure sa retraite Dans le boa d'une soubrette, Gnafon s'empiffre sous la table Entre les orteils des notables. Battandier, ce brave bourgeois Découvre avec grand désarroi Qu'il ne pourra pas honorer Le coût de son dernier barbier. Ainsi s'en vont ces branquignols A la recherche d'un grand rôle, Dans ce théâtre sans pitié Où chacun sera le dernier. Marionnettiste, marionnette, Et qui donc t’a tourné la tête Est-ce les fils que tu secoues Ou ceux qui soulèvent ton cou ? Marionnettiste, marionnette, Atropos les a tous coupés, Animateurs et animés Se sont, hélas, tout empêtrés.



Poème posté le 17/09/16


 Poète
Banniange



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