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Poésie libre / La chute
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La chute
par Kanth


J’aimais trop les éclats des amours éperdues Les coupes de vins fins, les fleurs défendues La couleur d’un rire ou le goût d’une soie Le parfum d’un soupir, le trouble d’un émoi Un instant d’abandon m’était une conquête Plus précieuse que l’or d’une mine secrète Tous les infinis lents des valses alanguies M’enivraient d’un bonheur capricieux et maudit Un plaisir vagabond qui ne cessait jamais J’étais un dieu mondain et séducteur, mais J’étais vide de cœur au creux de ma statue J’étais faux de serments lorsque je disais « tu » La futile ambition d’une éternelle ferveur Trahissait mes trompeuses promesses dans l’heure Les vaines élégances des adieux impatients Voilaient des yeux déçus d’un mensonge insouciant La vérité fuyait ma compagnie factice Et enfin les victimes de mes vains artifices Échappaient au serpent qui ne fascinait plus Qui failli les corrompre et perdre leur salut L’errance dans la nuit m’était un long manteau Qui trainait jusqu’à terre pour couvrir un fardeau De grandes illusions et petites aubaines Qui ne trompant qu’un jour n’en valaient pas la peine Alors je suis tombé, comme on chute d’un trône De degré en degré, jusqu’à mendier l’aumône D’une piètre débauche, d’une orgie dérisoire Et mon bel esprit d’or devint une âme noire Blafard froid et cruel vint le soleil d’hiver Tomber sur les haillons de ma folie d’hier Ma splendeur enfouie sous un tas d’immondices Et mon nom oublié des belles de jadis Gao T. Kanth



Poème posté le 21/03/20 par Kanth


 Poète
Kanth



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