Accueil
Poésie libre / Cauchemar à venir
              
Poésie libre / Cauchemar à venir
         
Poésie libre / Cauchemar à venir

Cauchemar à venir
par Banniange


Pendant que mes années filaient dans un train sans retour, Que je cherchais ma mémoire au fond des étoiles bleues, La forêt sauvage et ses clameurs têtues En échos puissants étreignaient mon vieux cœur, Je me voyais pantelant courir à perte haleine, Les yeux écarquillés par les doigts de la peur, Le corps nu frissonnant sous une toison grise Et ce goût de sang chaud qui écoeurait mes lèvres, Les racines poisseuses comme des boas noirs Entortillaient mes pieds dans de longs sifflements, Les branches griffues des arbres squelettiques Perçaient atrocément ma chair si convoitée, Parfois des serres cruelles hullulaient dans les airs, Des flammes sans paupière piquaient mon dos flétri, Là-haut, les lourds nuages aux perfides lueurs Grondaient tels des molosses avides de carnages, Par-delà leurs grandes ombres menaçantes, Brillait de son éclat livide et venimeux, l’astre tant redouté, Idole des sorcières qui suscitaient l’effroi Dans un silence funèbre. Et soudain, le fracas de cris et piétinements, Des aboiements furieux et la voix véhémente Qui semblait m’appeler d’un gouffre insondable : « Lycaon*, Lycaon, où sont donc tes enfants, Les as-tu dévorés dans ta rage possessive, Les as-tu donc privés d’un avenir radieux, Toi qui te pris pour Dieu par ta science fautive, Te voilà transformé en monstre abhorré, Toi, le chasseur imbu de trophées usurpés Te voilà le gibier de tes pauvres héritiers Qui sans répit, te poursuivront De leur haine féroce forgée dans la souffrance Et ne pourront jamais pardonner tes saccages ». Quel hurlement profond m’a alors réveillé Dans cette chambre obscure où un miroir brisé Reflétait l’image d’une bête apeurée, Seule, abandonnée jusqu'à la fin des temps Dans le champs nocturne d’une nuit sans visage…

*Inspiré librement du mythe de Lycaon, ce roi d'Arcadie qui pour se moquer de Zeus lui servit au repas son propre fils, comme châtiment, il fut changé en loup, on ne badine pas avec la foudre!

Poème posté le 18/04/20 par Banniange


 Poète
Banniange



Sa carte de visite Cliquez ici pour accéder à la carte de visite de l'artiste (Sa présentation et l'ensemble des ses créations)





.