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Poésie libre / Prose des confins
              
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Poésie libre / Prose des confins

Prose des confins
par Lasource


. Là où le littoral se glisse plus ou moins abruptement sous la mer, là est la fin du sol ferme, pour qui n’a d’autre véhicule que ses pieds. Là, une limite hésite, va et revient, battue d’écume et de rêve. L’île-au-loin ne brille pas d’une réalité plus vigoureuse qu’un cirrus de mercure et de cristal. Sans sagesse, je me pencherai par-dessus la rambarde qui me garde du vertige. Le point de vue du poème : un balcon, un surplomb, et le gouffre enneigé. À gauche, sur la table de sapin, le soleil concentre sa lumière dans une bouteille d’eau minérale. Un fantôme de chat depuis longtemps défunt plane ainsi qu’un souvenir de momie égyptienne. Douce compagne, ta main, nue comme la beauté, pose un peu de fraîcheur sur ma tempe et mon front. Leur rend un peu de jeunesse en effaçant les rides qu’y trace périodiquement l’angoisse du mistral. Peut-être ai-je oublié, ai-je perdu de vue que je serais un pin au tronc oblique, incurvé. Sous une écorce de crocodile, ma fibre candide, humide, chaque matin distille un or visqueux. Lorsqu’il sera dur et transparent comme de l’ambre, on y verra captif un fragment du présent, suggestif et finement ailé, à l’instar d’une abeille pindarique, ou d’une libellule engluée dans l’intemporel !

Amical salut à tous. Confinés que nous sommes, survivons !

Poème posté le 19/04/20 par Lasource


 Poète
Lasource



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