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Le pays roux
par Fregat


Il est venu ce temps mystique Où frissonne le long des bois La plainte douce des cantiques De vents fervents sifflant leur foi. Les sentiers gris sous la rosée D’une nuit plus longue s’éveillent Froissant dans les grands matins frais Leur duvet d’étoffe vermeille. Versant des niveaux supérieurs Des larmes diaprées journalières, Dans leurs pieux soupirs intérieurs, Les arbres tombent en prière Et plus rien ne semble pouvoir Stopper la danse saccadée Des feuilles jusque dans le soir Qui tissent au sol des secrets… Ah sous ce décor déchiré Du pays roux que l’œil effleure, Combien d’heures illuminées Revivent soudain, et puis meurent Quand la saison saignant debout, Blessée à mort mais lentement, Disperse sa douleur partout, À chaque pas, aux quatre vents ! Tout résonne et sent l’abandon Dans l’absence faite lumière, Et de silences vagabonds L’esprit s’émeut, part en arrière. L’on se prend même à divaguer, À souffrir de devoir conclure Qu’on a laissé filer l’été Sans toucher à cœur sa verdure.



Poème posté le 28/10/16


 Poète
Fregat



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