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Ah, ça ira ça ira, ça ira…
par Claire-Obscur

Highslide JS
par Claire-Obscur

Le square de la précarité. Toile à l'encre et sculpture de métal Quand la précarité fait le funambule entre fraternité et austérité et que la solidarité ne pourra plus suffire à l'éviter... Que se passera t-il ?


par Claire-Obscur


Ah, ça ira ça ira, ça ira… Aux temps anciens, on l’appelait le troubadour Il portait fier son luth bien plus loin qu’alentour Allant vers son but il marchait dans la poussière Rempli de ses espoirs et des luttes d’hier En croquant son pain noir, les mots en bandoulière Cachés au fond de lui, batailles de conflits Entre lumièr’ qui luit et ténébr’ en folie, Batailles pour les mots, musique pour ses phrases Et la lumière là-haut qui le tient sur ses bases Elle est sa raison d’être et sa philosophie Il allait dir’ ses mots, dressés contre les maux À toute la gente, en mots écrits ou chantés De sa langue et de ses mains qui savaient mimer. Son sabot battait chemin pour garder le tempo Et sa voix s’emballait en graves et en hauts Le poète vrai, crie vrai, il pince ses cordes En tirant très fort pour conjurer la discorde Sur des refrains que l’on retient et qui s’accordent Le vrai poète ne possède aucun sequin Le pain dur et la misère à portée de main On le guettait et on l’apercevait de loin Moulé dans ses guêtres et ses vieux brodequins Il avait sur la tête le chapeau des grands soirs Enfoncé sur son rêve et sur tous ses espoirs L’a-t-on vu récemment chanter au vent coquin ? Déclame–t-il à pleins poumons sous votre auvent ? Quelles trompeuses promesses auraient su l’endormir ? Elles ne font que damner ceux qui se font mourir Qui pourrait perdre un trouv’hère plein de cette ivresse De Fraternelles égalités libérées ? Dans les rues, la misère frappée, enfin, frappe Se réveillent les poètes en débandade Leurs mots hurlés dévalent la ville en cascade Le peuple et eux, ensemble préparent l’agape Un peu de pagaille pour un avenir nouveau Un peu de poings levés et remise au pli Un bon remue-ménage avant que les arrêtent Tous les bonimenteurs qui n’feront plus tripette Avec leur ventre gras et leurs poches remplies On les mettra un peu au pain sec et à l’eau On va renverser le bas pour le mettre en haut On a assez pleuré et ils ont assez ri Bien avisé il serait, Pour les faux culs et faux cols Jouisseurs de ce ras-l’bol De laisser là leurs débats Pour la poudre d’escampette Avant que tombent leurs têtes Sous la dent noire de Louisette* Bien gardée aux oubliettes. Ouïs-tu la chansonnette Ah, ça ira ça ira, ça ira… Dans la rue des mots criés Dénoncent les maux rentrés *surnom de la Guillotine



Poème posté le 07/11/16



 Poète ,
 Illustrateur ,
 Interprète
Claire-Obscur



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