Accueil
Poésie libre / Ornithologie
              
Poésie libre / Ornithologie
         
Poésie libre / Ornithologie

Ornithologie
par Salus


Que le rouge-gorge en trilles, S'égosille dans la nuit ! Quant au coucou, toi qui pilles, Dont, sangsue, à tous l'us nuit, Ton cri lancinant nous charme Comme cajolent les geais, Malgré l'horreur et la larme Des autres oiseaux piégés ! Pie amie et envieuse Au blanc et noir de ton frac Il est mainte couleur ! L'yeuse Le sait : sa moire est d'un lac ! Minuscules troglodytes Tressant de si jolis nids, Les uns des uns satellites, Dans de vieux greniers garnis, Vos petitesses exquises Parmi vos charmants atouts, Quand vous mangez les cerises, Ravissent toutes et tous ! Probe aigrette immaculée, Ton cou ploie, et tu le tends ! Ta patte, non spatulée, Hésite et va - tout le temps ! - Çà et là des mitraillettes De piverts, marteaux-piqueurs Font du bois mort des paillettes Riches d'insectes – liqueurs ! - Le moineau , tout seul, sautille Cherchant la miette à glaner ; Roulant l’œil comme une bille, On l'entend presque ahaner Lorsqu'il fouille sous les feuilles, Pareil au merle - qu'il hait - Bec jaune, toi qui tout cueilles Le premier ! (sauf le fruit blet) Là-haut la buse rapace, Tueur maître des grands cieux, Scrute, plane, erre et repasse - Gare au lapin malchanceux ! - Tourterelles toutes belles, Béates, vous roucoulez, Avec du pigeon les ailes, Et les façons des poulets ! Huppe ornée au front sauvage, Tu nourris tes petits punks Perchés, loin de tout ravage, Préservés même des skunks ! Fauvette ! Au buisson - multiple - Très charmante, le feu vif, Bien choyant ton condisciple, Du fourré jusque dans l'if ! Et traçant le ciel qu'il scie, Quelque triangle là-bas Dont tout art bénéficie : Vole l'oie en ses ébats ! Martinet, fausse hirondelle Faux dans l'étoffe des airs, Tu fuses, rasant de l'aile Les champs, les murs, et les mers ! Des hiboux sont pour les soirs... Et quelque chouette effraie, Blanche éfrit fondue au noir Profond, touffu, de la haie ! La mésange, comme au fil Accroché, le funambule, Dans son dais de bleu coutil, De l'aurore au crépuscule, Basculant, ni bas ni haut, Pas plus devant que derrière, Picore, d'un air nigaud, Des insectes sous le lierre ! Si l'avocette, échassier, Sonde la prairie humide, C'est pour mieux rassasier Une portée apatride ! Nulle frontière à l'azur, Le balbuzard, où qu'il vogue Méprise ce trait peu sûr Qu'il observe d'un œil rogue ! Son cousin, milan royal, Prince de la plaine immense Au plomb du Dormeur du Val Se tient immobile - et pense - Circaète Jean-Le-Blanc Tu tiens, parmi les rapaces, L'austérité de ton rang Et de ton regard tu glaces L'affreux dindon mexicain Et le bête paon d’Asie Volatiles lourds du train - Graisse et plumes d'aphasie - Qui les cloue au sol des cours - Et dans leur fatuité mièvre - Agitant les moignons gourds De leurs ailes où la fièvre De la nue impulse encor L'ample mouvement de rame Dont toute grue, au ciel d'or, Jouit - en s’emplissant l’âme ! - Arrivant du Sahara Le traqué-rieur nous narre, Au pays dont naquit Râ, Le palmier ombrant la jarre Où pour boire, allait volant, Comme saoule, sa famille, Les plus vieux toujours voulant Passer devant l'escadrille ! Et la grive et le guêpier, Tout un petit peuple fauve Prêt à tout, même à piller Pour pondre un œuf dans l’alcôve... Puis des passereaux étranges Que le commun ne connaît, Qui passeraient pour des anges Si le Diable n'y cornait ! Car ils sont opportunistes Prudents, quand même effrontés, Et s'ils ont des airs si tristes, Ce sont calculs éhontés !



Poème posté le 19/08/20 par Salus


 Poète
Salus



Sa carte de visite Cliquez ici pour accéder à la carte de visite de l'artiste (Sa présentation et l'ensemble des ses créations)





.