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Poésie libre / Vent pire
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Vent pire
par Rimatouvent


La baronne de Bellemiche Au tournoi de la saint Glinglin D’un seigneur aussitôt s’entiche Car il était beau et câlin. Il pourfend vite ses rivaux Et lui dit soyez mon épouse Profitons des temps estivaux Et aimons-nous sur la pelouse. Ayant pécule limité Ils logèrent en la vieille tour Voisine de la gratuité Mais abritant un vieux vautour. Il y avait aussi des caves Où selon de vieilles rumeurs Ne descendaient plus que les braves Ou parfois quelques embaumeurs. Des sépulcres d’un autre temps Sinistres cela va sans dire Abritaient, dès soleil levant, Un certain nombre de vampires Là de nocturnes sarabandes Et d’hémorragiques repas Animaient les sinistres bandes Des descendants de Dracula. La valeur de la tour bien sur Fréquentée de sombre manière Ne valait même pas les murs Nul n’investit en cette pierre. Or le baron et la baronne Réussirent à faire déserter L’horrible faune polissonne Qui de la tour dut s’écarter. Elle fut cernée d’un jardin Où l’ail planté en abondance Éloigna les buveurs sanguins Leurs goules et leur descendance. La marquise aimant la cuisine Faisait aussi des escargots De l’aïoli et des terrines Où l’ail avait le dernier mot. La tour enfin vit s’en aller Ses nocturnes hématophages Ils n’eurent plus qu’à détaler. Laissant cercueils et bagages. Le lieu devenant acceptable Sa valeur grimpa aussitôt Et pour un prix fort confortable On le revendit illico. Le doux baron et sa baronne Partirent vers la côte d’azur Le tortil vaut une couronne Quand l’argent devient démesure. Mais hélas les escargots Pris en trop grandes quantités Affectèrent leurs deux jabots D’hépatiques calamités. Une cure étant nécessaire Ils allèrent au pays d’Armor L’air y était plus salutaire Et le poisson bon pour le corps. Leur penchant refaisant surface Pêchant des moules de bouchot Ils eurent la détestable audace De les faire au beurre d’escargot. Et partant en cure à Vichy Pour soigner une stéatose Ils consignèrent par écrit De l’ail la grande apothéose. Mais les vampires désertant Une France gastronomique Ne firent plus couler le sang Qu’en leur logis transylvanique. La vente de la vieille tour Enrichit tant leur descendance Qu’elle paresse de nos jours Entre Vichy et la Provence. Et sur le blason de famille Avec l’escargot on a peint De l’ail, un hanap où pétille De l’eau de Vichy Célestin.



Poème posté le 15/09/20 par Rimatouvent


 Poète
Rimatouvent



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