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Poésie libre / Allons... !
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Allons... !
par Gonzague


Vil Maraud Tu as été arrêté, emmené par les gens d’armes Mis en geôle, as-tu été molesté ? As-tu subi railleries ? As-tu été questionné ? Tu as eu mauvaise fortune Vil Maraud, vilain, croquant ! Veux-tu trépasser Morbleu ! Tout n’est que vilénie et tromperie Tu offenses la gente Dame, sa majesté le Roy Veux-tu en découdre, subir la loi du Talion Être châtié, bâtonner, violenter et subir châtiment Sur-le-champ, pour avoir voler dans une enseigne Ou échoppe, as-tu la souvenance des noms De tes compagnons et compères, de ces brigands Tout n’est que balivernes, sornettes et diableries Aurais-tu l’outrecuidance de blasphémer ? As-tu transporté ton butin, dans ta carriole, ton charroi A travers la contrée, combien de pieds, de lieues, as-tu parcouru ? Dieu te bénisse ! Le ciel soit loué ! Tu avoues ton forfait Quand l’astre du jour poindra, tu partiras par vaux Tu retourneras à ton labeur, ta corvée, ta besogne Nous t’accordons miséricorde et tu paieras la dîme Tu n’auras point un sou, écu, sesterce, denier, ou pistole Rien ne sortira de ma bourse, tel est mon jugement C’est selon votre bon-vouloir, mon seigneur ! Allons faire ripaille ! Allons faire ripaille dans une auberge ou une taverne Nous attabler pour le dîner, manger mets et victuailles Aubergiste ! Tavernier ! Verses-nous de ton breuvage Une chope de gueuse ou de cervoise ou au mieux Dans une cruche, flaque ou fiole, de ton meilleur vin Qu’il est doux et bon, de se rincer le gosier ! Marmiton ! Derrière tes fourneaux, prépares-nous Dans tes pots, chaudrons, marmites ou casseroles Et sers-nous dans une auge, gamelle ou écuelle Brouet, farci, tourte, civet à broche, rôti, chapon Poulaille, poularde, poussin, oison, faison, paon Lièvre, connin, lapereau, porcelet ou sanglier Il me plaît de festoyer et d’écouter les complaintes Des ménestrels et troubadours, les fabliaux et farces Narrés à la veillée, par les baladins et bouffons Entendre les doux sons, de la fifre, du tambourin Du luth, de la vielle, de la guimbarde, de la cornemuse De la lyre ou de la harpe et de danser le cotillon. Il me faut une mansarde dans cette humble chaumière Près de ton logis, les latrines, mais loin du lavoir Apportes-moi, un chandelier, lampion ou lanterne Près du poêle, il me faut une plume d’oie et encrier Du parchemin ou velin, pour écrire à ma mie Je suis épris de la dulcinée, je veux la courtiser La pucelle est promise aux épousailles En attentant, amènes-moi une catin, sur ma couche J’ai grand besoin de forniquer, qui pour un baiser Elle sentira la vigueur de mon vit et le goût du foutre !



Poème posté le 24/10/20 par Gonzague


 Poète
Gonzague



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